Plan anti-bouchons pour changer la route : intervention de Ghislaine Senée
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Madame la Présidente,

Ce plan est révélateur de votre incompréhension de l’enjeu des transports du XXIème siècle : non, nous n’offrirons pas aux franciliens et aux franciliennes une mobilité facilitée en construisant, au dépit du progrès et du bon sens, toujours plus de routes, de voies, génératrices de toujours plus de pollution.

Les scientifiques, unanimes le disent. Mais l’exécutif régional, pourtant empêtré dans de bonnes intentions sur l’écologie peine à l’entendre. Non, créer de nouveaux axes routiers ne fluidifie pas le trafic. Cela n’a pour effet -à long terme – que de créer de nouveaux flux, donc plus de pollution alors que le bon sens nous enjoindrait à développer de nouveaux moyens de transports.

Ainsi, alors que la Région n’a pas réussi à dépenser les 250M engagés pour le plan route, et les axes d’investissement potentiels sont nombreux, elle s’obstine à vouloir vider cette enveloppe avec plus de route, plus d’infrastructures facilitatrices, et quelques nouvelles technologies disséminées ici et là pour faire moderne.

L’enjeu de la mobilité de demain, ce n’est pas que le carburant. L’enjeu, c’est la mutualisation des véhicules. La saturation des axes routiers, les bouchons interminables ne seront pas résolus par le changement de motorisation : un véhicule électrique a vocation à être partagé. Nous notons un manque profond d’ambition dans le covoiturage et l’autopartage dans le plan qui nous est présentons, et regrettons qu’un plan spécial, aussi ambitieux que le plan pour l’électromobilité, n’ait été présenté dans ce rapport.

Il va sans dire que nous voterons contre ce rapport, même si quelques articles vont dans le bon sens sur les infrastructures cyclables et l’électromobilité, nous enjoignons la Région à changer de paradigme.