Plan régional de prévention et de gestion des déchets: intervention de Bénédicte Monville
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[Séance du 21 novembre 2019]

 

Monsieur le président, madame la déléguée spéciale,

Le Plan Régional de Prévention et de gestion des déchets (PRPGD) que vous nous présentez est une opération de communication qui s’étale sur 85 pages.

Quand l’ensemble des acteurs mobilisés parle de moins produire et moins consommer, vous transformez cet impératif écologique en « mieux produire » et « mieux consommer » et évacuez complètement la question centrale de la réduction des déchets. Votre rapport ne nous donne aucun moyen d’intervenir sur des modes de production et de consommation qui engendrent une production exponentielle de déchets. Au contraire, il entérine cette fuite en avant dangereuse qui veut nous faire croire qu’au prétexte de « valorisation  » des déchets, d’extension du tri mécano-biologique, d’encouragement du modèle capitaliste de méthanisation, nous pouvons continuer de produire et de consommer comme avant, de détruire la nature pour faire tourner une machine économique qui a perdu tout son sens. D’ailleurs, si les trois quarts des déchets produits en Île-de-France viennent de l’industrie du BTP, votre rapport ne dit rien de votre responsabilité dans son développement. Doit-on rappeler que vous encouragez l’urbanisation de notre territoire et avec elle la construction d’infrastructures routières que vous financez partout. Votre rapport ne fixe aucune limite à l’incinération ou à l’enfouissement qui menacent notre territoire mais constituent une source de profit très importante. Il ne prévoit aucun rééquilibrage territorial. Vous nous proposez un plan de gestion des déchets au bénéfice des gros acteurs économiques de la filière.

 

Alors que les Franciliennes et les Franciliens vous demandent justement de mettre un terme à la gestion des déchets mortifère pour nos territoires et qui constituent une menace pour notre santé – doit-on rappeler les 15 morts et les 150 plaignants dans la sinistre affaire de Vaux-le-Pénil – vous restez sourd à leurs demandes pressantes et ignorez les luttes citoyennes qui se multiplient et dont nos amendements se sont fait l’écho.