Reconnaissance faciale : Pierre Serne interpelle la RATP et la SNCF
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« Communiqué de presse »

Obsession technologique et projet idéologique se mêlent dans le projet liberticide de reconnaissance faciale que certains voudraient utiliser partout, dans les lycées comme dans les transports publics. Et notamment dans le métro où il est aujourd’hui réclamé par la présidente de la Région Ile de France Valérie Pécresse dans une énième gesticulation sécuritaire. A l’occasion du Conseil d’Administration d’Ile de France Mobilité du 6 novembre qui auditionnait les PDG des opérateurs de transports publics, le groupe Alternative Écologiste et Sociale via son administrateur Pierre Serne a réaffirmé son opposition à une société et un espace public sous surveillance permanente. Il a ainsi interpellé sur le sujet Catherine Guillouard, présidente de la RATP et Jean-Pierre Farandou, président de la SNCF. La réponse obtenue laisse un flou sur la question, mais démontre que les opérateurs sont loin d’abandonner ce projet.

 

A plusieurs reprises nié et repoussé, le sujet de la reconnaissance faciale dans les transports revient régulièrement dans le débat, à la demande d’un exécutif nourri par des fantasmes de révolution technologique qui apporterait la sécurité parfaite des territoires. En 2017 déjà, une caméra « intelligente » avait été disposée à la station Châtelet et dans la ligne 14 du métro. En février 2019, la présidente de la Région Ile de France a affirmé sa forte volonté de déployer cette technologie, pour remplacer – à termes – le Pass Navigo : chaque usager·e·s serait son propre support billettique via son visage.

 

Pensée dans ce cas pour pister fraudeurs et fauteurs de troubles, la reconnaissance faciale permettrait d’enregistrer dans une base de données d’utilisateurs les passager·e·s passant les portiques, afin de s’assurer qu’ils aient bien payé leur trajet et de repérer les comportements suspects. On peut légitimement s’inquiéter des conséquences de cette technologie sur les données personnelles des franciliens et franciliennes, et sur leur droit légitime à l’anonymat dans leurs déplacements. Une méthode qui n’est pas sans rappeler les fictions décrivant des sociétés sous surveillance permanente dignes de “Black Mirror” ou hélas, bien réelles comme la Chine.

 

Le groupe Alternative Écologiste et Sociale, par la voix de Pierre Serne, a donc interpellé la présidente de la RATP et le président de la SNCF sur ce projet : “Alors que la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) a rendu récemment une position fortement défavorable à cette technologie, la RATP, la SNCF et la Région Ile de France persistent, par pure doctrine pseudo-sécuritaire alimentée par des intérêts financiers, à envisager le déploiement de tels dispositifs”. 

 

Alors que la SNCF s’abrite derrière un hypothétique “feu vert” de la CNIL, en laissant entendre qu’une réflexion est tout de même en cours, la présidente de la Région Ile de France, elle, a réaffirmé y être très favorable. “L’instrumentalisation de la lutte anti-terroriste ne peut justifier une nouvelle atteinte majeure à nos libertés. La réponse au défi du transport en commun du XXIème siècle, c’est plus d’Humain, plus de trains et plus de moyens. » réagit Pierre Serne.