RER B : la région doit sommer ALSTOM d’honorer la commande des 146 nouvelles rames 
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Les élu·es du groupe Alternative Écologiste et Sociale dénoncent les manipulations d’Alstom sur le dossier des nouvelles rames du RER B qui représenterait un préjudice majeur pour les usager·es en reportant la livraison du nouveau matériel sur cette ligne. C’est pourquoi le groupe AES, par la voix de son administrateur Pierre Serne, a demandé en Conseil d’Administration d’Ile-de-France Mobilités que la présidente, Valérie Pécresse, somme ALSTOM de cesser immédiatement de bloquer la commande des matériels roulants MI20. En cas de refus, les élu·es AES exigent qu’une procédure contentieuse contre ALSTOM soit menée pour défendre les intérêts des Francilien·nes.

Le constructeur ferroviaire français Alstom a finalisé le vendredi 29 janvier le rachat de son concurrent Bombardier Transport. Cette récente acquisition s’est accompagnée d’un refus de la part d’Alstom d’honorer le contrat d’achat revenant initialement à Bombardier (associé à CAF) des 146 nouvelles rames du RER B attendues à partir de 2025. Pourtant la ligne RER B, sur laquelle doivent circuler ces nouvelles rames MI20, représente un axe stratégique qui accueille plus d’un million de voyageurs par jour. Des investissements très attendus sur une ligne qui souffre du taux de ponctualité le plus faible du réseau SNCF (83,4% source SNCF, septembre 2020). 

Alors que, dans un communiqué de presse du 9 décembre 2020, Valérie Pécresse, présidente d’Ile-de-France Mobilités, annonçait la livraison des premières rames pour 2025, aujourd’hui la situation est bloquée et la commande plus incertaine que jamais. Cette manœuvre d’Alstom, pourtant prévisible, est le fruit d’une logique politique, économique et industrielle, défendue par la Présidente de région, qui affaiblit tant nos institutions que la confiance publique et notre économie. Elle est révélatrice du manque d’anticipation et de suivi de la part d’Île-de-France Mobilités et de la Région, qui ont permis à ALSTOM de couler un marché de nouveau matériel roulant crucial pour les Francilien·nes selon un scénario en grande partie annoncé. Qu’elle est loin la révolution des transports promise par Valérie Pécresse lors de son élection en 2015.

Face à cet affaiblissement des pouvoirs publics, ce sont une nouvelle fois les usagers qui risquent de voir l’arrivée de ces nouvelles rames repoussée de plusieurs années. De plus, Alstom va évidemment tout faire pour récupérer le marché, au prix fort, ce qui risque d’entraîner des surcoûts pouvant se chiffrer en centaines de millions d’euros au détriment des Francilien·nes, et ce alors même qu’Île-de-France Mobilités, via les commandes de matériel roulant qu’il finance, est le premier client d’ALSTOM, ce qui devrait permettre de négocier en position de force.

Les Francilien·nes ont le droit à de la transparence sur la gestion et les suites de ce dossier.