Salon de l’agriculture 2019 : Valérie Pécresse refuse toujours d’organiser la transition
Partager

[Communiqué de presse]

La Région Île-de-France, avec plus de 5 000 exploitations agricoles et 48% de sa surface cultivée a un énorme retard sur sa nécessaire mutation. Le mode de production qu’il faut atteindre est celui qui garantit un revenu aux paysan-nes, la création d’emplois et une production respectueuse de l’environnement et de la santé tant pour les consommateurs-trices que les employé-es agricoles.

Lors de l’ouverture du Salon de l’agriculture 2019, Valérie Pécresse joue les VRP de la baguette francilienne pour cacher :

  • qu’elle a systématiquement rejeté les demandes de financement pour accompagner la sortie de l’utilisation du glyphosate,

  • qu’elle refuse l’augmentation du soutien aux petites structures paysannes,

  • qu’elle a mis fin à la convention entre l’AEV et Terre de Liens qui favorisait l’installation de nouvelles fermes biologiques,

  • qu’elle a écarté tout plan stratégique pour mettre en oeuvre l’alimentation biologique dans les lycées (plus de 40 millions de repas par an),

  • qu’elle mise l’essentiel du soutien régional sur la “sur-technologisation” de l’agriculture (drones, automates, informatique et capteurs),

  • que sur un budget annuel de plus 10 millions d’euros, seuls 615 000€ sont consacrés aux petites structures biologiques…

“Encore une fois, Valérie Pécresse se satisfait de communication et ne fait pas grand chose de concret, souligne Ghislaine Senée, elle nous rabâche les oreilles avec son fameux pacte agricole, mais il n’est rien d’autre qu’un document de vagues promesses, sans actions concrètes.”

Pour ne prendre que l’année 2018 comme référence, l’exécutif régional de droite a mis fin au dispositif d’introduction d’aliments biologiques dans les lycées pour réaffecter les 2 millions d’euros à la réalisation d’une simple cartographie. Il délègue également la quasi totalité de sa politique agricole aux chambres de l’agriculture qui favorisent essentiellement les grosses exploitations.

“Alors que les fermes biologiques sont aujourd’hui financièrement mises en danger en raison du non-paiement, par l’Etat, des subventions européennes de la PAC, nous demandons à Mme Pécresse la création d’un fonds d’urgence pour les fermes biologiques pour leur avancer la trésorerie qui leur manque, réclame Bénédicte Monville. La dynamique d’augmentation des fermes bio ne doit pas être freinée et la Région doit apporter son plein soutien par des subventions aux petites fermes, notamment sur le volet investissements.”

Pour le groupe AES, Valérie Pécresse fait tout le contraire de ce que les Francilien-nes attendent : financer les grandes exploitations dont le modèle n’est plus soutenable plutôt que l’agriculture biologique ou destinée au marché local. Elle devrait au contraire porter son effort sur la protection des terres agricoles, l’accompagnement vers la sortie de l’utilisation des produits chimiques, le développement de petites structures, pourvoyeuses d’emplois, afin de nourrir localement les Francilien-nes et de préserver la biodiversité et la qualité de l’eau, la plantations de haies et d’arbres et les logiques d’agroforesterie.