Salon de l’agriculture : changer les pratiques, une nécessité
Partager

[Communiqué de presse AES]

Alors que le Salon de l’agriculture bat son plein, le groupe Alternative Écologiste et Sociale tient à réaffirmer son soutien à l’agriculture biologique et paysanne en Île-de-France.

Discours devant les jeunes agriculteurs-trices le 22 février 2018, visites du Président de la République et de plusieurs ministres, conférence de presse de la région… Chaque année, les difficultés et enjeux auxquels sont confronté-es les agriculteurs-trices sont à nouveau mis sur la table : qualité des productions, respect du bien-être animal, garantie d’un revenu suffisant et accès au foncier (acquisition et/ou reprise des fermes). Pour les élu-es du groupe AES, les premiers traits de crayon d’une transition agricole volontariste n’ont malheureusement toujours pas été tracés, ni par le gouvernement, ni par la région.

Pour le groupe AES, en faisant de la compétitivité le maître-mot, l’Etat fait preuve d’un grave manque de clarté sur les accords MERCOSUR (manque de garanties claires sur le boeuf aux hormones, sur la responsabilité de l’élevage sud-américain dans la déforestation) et sur la prise en considération des effets néfastes de l’agriculture intensive pour le climat. Le groupe dénonce également les soubresauts autour de la décision de l’arrêt du glyphosate sur 3 ans et les errements de la droite régionale sur la question du portage foncier pour les jeunes agriculteurs-trices ou du lancement de filières locales et le saccage systématique des politiques agricoles responsables.
Pour les écologistes, il n’est plus temps de naviguer à vue : notre agriculture doit envisager la transition de manière sérieuse et organisée.

“L’agriculture industrielle et intensive pour les supermarchés et les marchés internationaux qui obligent à un investissement massif, ruinent les agriculteurs-trices, épuisent les sols et paupérisent la profession, n’est plus soutenable, déclare Ghislaine Senée. C’est véritablement un enjeu de société que d’accompagner l’émergence d’une nouvelle agriculture garantissant une qualité et un niveau de vie convenable pour tou-tes les agriculteurs-trices, préservant les ressources sols/eau et la qualité nutritionnelle des aliments.”

C’est dans ce sens que le groupe avait proposé la mise en place d’un “plan alimentaire territorial” à l’échelle de l’Île-de-France, qui avait pour ambition de soutenir la transformation des modes de production franciliens, de raccourcir les circuits et les filières. Ce plan avait été rejeté, sans débat, par la droite régionale qui s’emploie toujours à ne soutenir qu’un seul modèle de production¹.

“Nous demandons que la Région Île-de-France fasse de l’agriculture biologique, paysanne et de proximité sa grande cause régionale pour l’année 2018 et se dote d’un plan alimentaire territorial afin de revoir l’ensemble de ses dispositifs, a déclaré Mme Bénédicte Monville, qui rappelle à Mme Pécresse que sans plan, sans stratégie de développement d’une agriculture bio et de proximité, les 50% de bio promis dans les cantines ne seront pas atteignables en 2024.”

¹ Les aides régionales pour l’agriculture biologique citoyenne et de proximité sont passées de 940k€ en 2016 à 705k€ en 2017 avec V.Pécresse. Dans le même temps, les aides pour les grandes structures en bio sont passées de 130k€ à 544,4k€.