Scénarios de réalisation du CDG Express : Valérie Pécresse capitule et délaisse le RER B
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[Communiqué de Presse]

Opposé-es à la réalisation du CDG Express, les élu-es du groupe Alternative Écologiste et Sociale demandent l’abandon du projet et la réaffectation de tous les moyens (financiers et humains) pour l’amélioration des transport du quotidien et notamment des RER.

Le Conseil d’administration d’Île-de-France Mobilités a auditionné ce lundi 13 mai le Préfet de région dans le cadre de la publication des résultats de sa mission de pilotage et de coordination des travaux sur l’axe ferroviaire Paris Nord sur les conditions de réalisation du CDG Express. Dès dimanche, 2 scénarios ont été proposés, présentant tous deux des nuances dans les nuisances pour les Francilien-nes dépendant de la ligne du RER B.

Pour le groupe Alternative Écologiste et Sociale, aucun de ces scénarios n’est acceptable ni envisageable. “La présentation des scénarios est un nouveau passage en force, une manière de détourner le sujet de la concertation avant même l’annonce de son bilan. L’État, via le Préfet de région, pose la question de la méthode sans poser celle de l’acceptation ou non de ce projet par les  usager-es des transports. Ce dont les usager-es ont besoin aujourd’hui, c’est d’un RER B qui fonctionne mieux, à l’heure où il atteint le million de voyageurs par jour. Ce n’est d’ailleurs pas seulement la question des impacts de CDG Express en phase travaux qui est posée mais aussi celle de la dégradation durable de l’exploitation des lignes du faisceau Nord de Paris qu’il entraînera de facto,” Intervient Pierre SERNE, élu du groupe AES et membre du CA d’Île-de-France Mobilités.

“Les différents scénarios présentés démontrent que le CDG Express nuira au développement des transports du quotidien. C’est inacceptable. Avec cette opération de ligne de train privée et le projet du gouvernement pour privatiser l’aéroport, nous assistons à une vaste opération de privatisation de ce qui devrait rester dans l’espace public,” ajoute Mounir Satouri, président du groupe AES.

Pour Mme Pécresse un scénario 2bis serait envisageable, avec un soi-disant moindre impact sur les usager-es, mais la réalité sera bien plus noire :  plus de 9 week-ends d’interruption totale de trafic par an pour les seuls travaux du CDG Express, 15 jours de limitations de vitesses, 24 jours de rupture d’interconnexion, 100 jours de réduction du nombre de voies de circulation et le report de nombreux travaux de modernisation.

Julien BAYOU, élu du groupe AES et acteur de la mobilisation contre le CDG Express, dénonce un projet de toute façon inacceptable. “C’est un véritable cauchemar pour les usager-es. Le scénario mis en avant par Valérie Pécresse équivaut à une capitulation en rase campagne, alors qu’elle s’était engagée à demander à l’État et à la SNCF qu’il n’y ait pas d’impact du CDG Express sur les transports du quotidien. On fait passer les intérêts d’une ligne privée conçue pour 17 000 touristes d’affaires par jour devant les besoins quotidiens d’1,6 millions d’usager-es”.

“C’est du jamais vu, s’étonne Pierre SERNE. Alors que la « révolution » des transports de Valérie Pécresse prend l’eau de toute part, on n’a jamais vu l’État et la Région se donner autant de peine pour aller à la rescousse d’une ligne privée qui impactera négativement le reste du réseau. L’attractivité de l’Île-de-France ne repose pas sur ce train mais sur la performance et la qualité de service de l’ensemble des lignes, dont la modernisation est fortement attendue. Alors qu’il manque des millions d’euros tous les ans pour la création et le prolongement de nombreuses lignes de transports (comme le Tram T1 à Val de Fontenay ou le T11 Express), nous avons besoin d’un État qui honore d’abord ses engagements pour les lignes du quotidien et donc pour l’immense majorité des usager-es”.