Séance du 6 mars 2020 Intervention de Claire Monod sur la politique culturelle de la Région
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« CR 2020-019 : POUR UN SOUTIEN INNOVANT AUX PROJETS CULTURELS ET ARTISTIQUES MENÉS DANS LES QUARTIERS POPULAIRES »

 

Quel magnifique titre pour ce rapport, Mme Portelli. Il est d’autant plus doux qu’il nous permet d’entendre l’exécutif prononcer un mot devenu tabou dans cet hémicycle depuis 2015 : Quartiers populaires. Après avoir répété pendant tout votre mandat qu’ils n’étaient pas votre priorité, avoir supprimé toutes les aides, les revoilà à l’ordre du jour à qq jours des élections municipales, c’est formidable !

Pourtant la marque de votre mandat a bien été l’abandon total de ces quartiers, de leurs habitants surtout, sous prétexte d’un prétendu “rééquilibrage territorial” en faveur de la grande couronne que nous avons toujours du mal à mesurer par ailleurs  malgré vos annonces. Alors oui, il est vrai que depuis votre arrivée à la tête de la région, les Yvelines sont devenues une des cibles prioritaires de l’action régionale. Rien qu’hier, en commission permanente nous avons eu le plaisir de voter des subventions culturelles dont 60% d’entre elles étaient destinées à votre département de coeur, oui celui de la commune où vous êtes candidate maintenant.

Avec ce rapport, l’exécutif visiblement plein de bons sentiments redécouvre un pan entier de la Région Île-de-france et propose une action soit disant “innovante” dans les quartiers populaires. 

Mais que de temps perdu !

Scrutant les rapports, même les médias souvent lointains de ces sujets, ont découvert le pot-aux-roses et dénoncent le recyclage d’anciennes annonces. Mais qu’y a t-il donc d’innovant ? mystère !

 

Non seulement vous transmettez le rapport hors délais mais en plus vous prenez un malin plaisir à couper la parole.

Je constate qu’il est tellement mal ficelé que la présidente est obligé de l’expliquer à grand renfort d’intervention…

Je disais donc que nous prenons malgré tout au sérieux ce rapport par égard pour celles et ceux envers qui nous aurions aimé pouvoir agir efficacement depuis trois ans. 

Mais de qui parle t-on ? dans le règlement d’intervention, il n’y a nulle trace d’une quelconque définition du périmètre géographique dont il s’agit. Il n’existe pas en France, à notre connaissance de nomenclature territoriale définissant les caractéristiques d’un quartier populaire. Comment allez-vous par exemple pouvoir déterminer l’éligibilité des projets à soutenir ? A qui vont-ils pouvoir être attribué et selon quel critère ? Avouez que ces deux pages n’apportent rien d’autre qu’une somme de bons sentiments. Ca ne fait pas une politique régionale mais encore un dispositif à la tête du client et sans efficacité possible.

Peu instruits par un rapport si peu travaillé, si peu respectueux envers celles et ceux auquel il s’adresse, élaboré à la hâte et transmis si tardivement, nous, qui prenons ce sujet au sérieux, après avoir demandé de le renvoyer en commission pour y être retravaillé avec sérieux, nous nous abstiendrons.

Enfin, je ne vous cache pas que je savoure l’ironie à vous alerter sur la non prise en considération des déserts culturels ruraux par ce rapport.  On rééquilibre le rééquilibrage. Mais à force de dévier systématiquement d’objectif, on en est amené à tourner en rond et plutôt que de poser des actes, on brasse du vent.