Stratégie régionale pour la biodiversité: intervention d’Annie Lahmer
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Madame la Présidente, M. le vice-président,

L’ensemble des travaux scientifiques le décrivent, chacune et chacun d’entre nous s’en rend compte: année après année, les animaux et les plantes disparaissent. Le vivant est de plus en plus fragile, à l’échelle mondiale mais particulièrement ici en Île-de-France.

 

Les causes? Elles sont multiples: anthropisation du moindre espace, à la ville comme à la campagne; multiplication des produits toxiques dans l’air, l’eau, les sols; dérèglements climatiques.

 

Notre région comprend la principale aire urbaine française, particulièrement dense, qui éloigne les habitantes et les habitants de rapports directs et sensibles avec la nature.

 

Il ne suffit pas d’adopter des politiques publiques spécifiques pour agir en faveur de la biodiversité. D’une main j’artificialise, j’épands des produits mortels, je m’approprie tous les espaces; De l’autre, je crée une réserve, je construis une ruche ou un hôtel à insectes. 

La civilisation prométhéenne se heurte à un mur qu’elle n’avait pas voulu voir jusqu’à présent. Nos prétendues richesses, notre prétendu confort se font au prix de la domination toujours plus violente, toujours plus intense du monde naturel. 

 

Nous, être humains, sommes parties prenantes de notre milieu. Tant que nous sommes animées par la volonté de dominer, contrôler, produire et exploiter la nature, tant que nous ne changeons pas de perspective, tant que nous voyons la biodiversité comme un nouveau secteur pour start-ups à la mode, alors nous avons tout faux. Alors, nous ne pourrons que déplorer que les mêmes causes conduisent aux mêmes résultats. 

 

La réponse à l’effondrement massif de la biodiversité n’est pas de chercher à produire des insectes, des plantes ou des espaces verts de la même manière qu’autrefois on a voulu produire des clous, boites de conserve et usines. Il s’agit simplement d’apprendre à, parfois, se retenir d’intervenir. À laisser de la place aux autres êtres vivants. À imaginer des mondes de coexistence et de coopération où l’existence de l’un ne menace pas celle de l’autre mais, au contraire, l’enrichit. Cette attitude, c’est celle que les hommes sincères doivent apprendre à adopter s’ils souhaitent contribuer à lutter contre la patriarcat. C’est celle que nous, humaines et humains, en Île-de-France, devons apprendre à adopter si l’on souhaite lutter contre les écocides.

 

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