Triangle de Gonesse : le tribunal de Montreuil suspend la construction de la gare
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Communiqué de presse
Le tribunal administratif de Montreuil a suivi les préconisations du rapporteur public : les travaux de la ligne 17 sur le triangle de Gonesse, site envisagé initialement pour l’implantation d’Europacity, sont suspendus douze mois suite à des irrégularités dans l’autorisation environnementale délivrée pour le projet. Après l’abandon du projet Europacity, la principale menace pour les terres agricoles du triangle de Gonesse est ce projet de gare en plein champs. Cette décision est un nouveau répit, sinon une victoire pour les opposantes et opposants à l’artificialisation des sols et aux grands projets inutiles. Il est temps de repenser intégralement les projets concernant ces territoires.
La décision du tribunal administratif est une deuxième bonne nouvelle après l’abandon du projet Europacity. Ces douze mois de répit doivent être utilisés par les pouvoirs publics pour repenser complètement les projets concernant le territoire du Triangle de Gonesse.
En effet, cette gare a été conçue pour desservir Europacity. Il s’agit d’un projet absurde, situé à plusieurs kilomètres de la première habitation. L’abandon du projet Europacity doit conduire la Société du Grand Paris à revoir ses plans et abandonner définitivement ce projet de gare. En réalité, derrière un discours pseudo-social, l’intérêt de l’Etat et des aménageurs du Grand Paris a toujours été de construire une ligne spécialement dédiée aux intérêts d’Aéroports de Paris. Les investissements en infrastructures de transports doivent être fléchés directement vers les besoins de la population.
Le nord de Paris est aujourd’hui piégé dans un modèle économique d’un autre âge, où les territoires sont mis au service du pôle aéroportuaire et où les populations sont ignorées quand elles ne sont pas méprisées. Il est urgent de repenser un modèle de développement résilient, social et écologique qui parte des besoins des populations. Les terres agricoles et milieux naturels doivent être définitivement sanctuarisés. Les projets ne doivent plus s’appuyer sur la bétonisation et les projections ahurissantes de croissance sans fin du trafic aérien. Le projet Carma de développement d’une ceinture maraîchère autour de la métropole parisienne constituerait par exemple une première étape pour un virage radical dans la vision qu’on peut avoir de nos territoires. C’est un projet qui amènerait de la création d’emplois pérennes au service du territoire et de la planète.
De manière plus générale, notre groupe regrette les reculs du droit de l’environnement dans notre pays. La suppression de la Commission Nationale du Débat Public, les avis des commissions d’enquête non suivis d’effet, la restriction de l’accès au droit sont autant d’entraves à la démocratie environnementale.
Aux côtés du gouvernement, on retrouve la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, qui essaie de faire passer un plan Routes pour un plan environnemental, demande le recul des normes ICPE ou prône la bétonisation en soutenant la ligne 17 à Gonesse ou la ligne 18 entre Saclay et Versailles.
Ghislaine Senée, présidente du groupe Alternative Ecologiste et Sociale
Anne-Claire Jarry-Bouabid, vice-présidente du groupe AES