Violentomètre : un détournement honteux pour cacher des pratiques antidémocratiques
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[Communiqué de presse]

Avec la trouvaille d’un nouvel outil volontairement polémique et partial, Valérie Pécresse, tente de défrayer la chronique, de museler et caricaturer les groupes politiques minoritaires. Après 8 modifications du règlement de l’hémicycle régional, toutes destinées à restreindre la démocratie régionale (de l’opposition comme de sa majorité), une énième modification est prévue pour la séance plénière du 20 mars prochain. Cette trouvaille, un “violentomètre”, détourne honteusement un outil à destination des publics scolaires pour sensibiliser à la violence contre les femmes. Il se veut classer les conseiller-es régionaux en différentes catégories, graduées rouge, orange, vert, selon qu’ils s’alignent ou non sur les attentes subjectives de la Présidente de région. Dévoyé ainsi, cet outil est rendu totalement ridicule, infantilisant pour le parlementarisme régional.

Pour le groupe Alternative Écologiste et Sociale, les débordements ou actes de violence doivent bien entendu être sanctionnéset le règlement actuel le permet déjà, mais un règlement doit être fait sur des bases objectives et non subjectives et l’expérience au Conseil régional prouve que sont mis en avant certains faits quand d’autres sont minimisés et n’ont pas fait l’objet de dénonciations claires, comme l’agression sexuelle, dans les locaux régionaux, d’une élue par un membre du groupe RN ou encore le signe du coupe-gorge, fait en séance de la commission permanente par un Vice-président à une élue de notre groupe.

Par ailleurs, la réalité de l’hémicycle – appauvrissement des débats, manque de transparence sur l’ensemble des délibérations proposées au vote, attaque en justice des opposant-es ou encore, restriction de la parole – est elle-même perçue comme très violente par l’opposition. “Les votes s’enchaînent sans réponse, le droit d’exposer un amendement nous est régulièrement retiré, l’accès à la tribune publique est interdit, il faut se battre pour parler. Pour faire respecter nos droits, nous devrions passer notre temps au Tribunal Administratif, résume Mounir Satouri, président du groupe AES, qui ajoute : Nous sommes là pour défendre les droits des Francilien-nes. Nous les représentons et nous ne cesserons pas de les représenter parce que Mme Pécresse nous présente la règle avec laquelle elle veut nous taper sur les doigts. La politique de Mme Pécresse est très violente pour nous, mais elle l’est aussi et surtout pour les Francilien-nes ». Pour illustrer ses propos, le groupe a travaillé sur un document intitulé “Guide pour une démocratie saine” destiné à Mme Pécresse pour qu’elle cesse les violences à l’encontre de son opposition et des Francilien-nes.

Le groupe Alternative Écologiste et Sociale a demandé le retrait de cette délibération. “Je tiens à rappeler à Mme Pécresse qu’un hémicycle est un lieu de débats et de passions, qu’elle est sensée le présider sans outrepasser ses droits parce qu’elle est majoritaire et qu’elle a aussi des devoirs, a précisé Mounir Satouri qui rappelle que l’une des modifications du règlement a déjà été retoquée par le Préfet. Cet outil n’a aucune valeur juridique et ne peut pas en avoir. Un-e élu-e représente la République et les citoyen-nes, et n’est pas muselable à souhait.”