Voeu du groupe AES – Séance du 6 mars 2020
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Comme chaque année, notre groupe présentait lors de la première séance plénière de l’année. Face à l’urgence écologique, nous avons souhaité rappeler quelques principes fondamentaux et proposer un ensemble de mesures pour engager réellement l’Ile de France dans la lutte contre le dérèglement climatique et préparer l’avenir, à l’occasion de la COP régionale qui devrait se tenir en juin. Malheureusement, une fois de plus, l’exécutif régional n’a pas souhaité joindre les actes à la parole.

 

VOEU DU GROUPE ALTERNATIVE ÉCOLOGISTE ET SOCIALE

Il y a un an, lors de notre précédent voeu, nous vous faisions des propositions pour engager, enfin, l’Ile de France dans la transition écologique et solidaire nécessaire pour respecter les accords de Paris, et tenter de contenir la hausse moyenne des températures sur notre planète à 1,5°C.

Aujourd’hui, malheureusement, il apparaît évident que nous avons déjà pris trop de retard pour tenir cet objectif de 1,5°C. Les émissions de gaz à effet de serre ont atteint en 2018 un niveau inégalé. Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement affirme même que les engagements pris par les pays signataires de l’Accord de Paris nous emmènent a minima vers +3°C. La France n’est d’ailleurs pas exemplaire. Les conséquences sur notre mode de vie seront désastreuses.

Nous ne sommes pas les seuls à le dire. Hors de toutes considérations politiques, voici un extrait de la tribune signée par 1 000 scientifiques dans le journal Le Monde du 20 février 2020 : “Les observations scientifiques sont incontestables et les catastrophes se déroulent sous nos yeux. Nous sommes en train de vivre la sixième extinction de masse, plusieurs dizaines d’espèces disparaissent chaque jour, et les niveaux de pollution sont alarmants à tous points de vue (plastiques, pesticides, nitrates, métaux lourds…). [] Chaque degré supplémentaire renforce le risque de dépasser des points de basculement provoquant une cascade de conséquences irréversibles (effondrement de la banquise, dégel du pergélisol, ralentissement des courants océaniques…). Les études préparatoires au prochain rapport du GIEC suggèrent que les rapports précédents ont sous-estimé l’ampleur des changements déjà enclenchés. Un réchauffement global de plus de 5 °C ne peut plus être exclu si l’emballement actuel des émissions de gaz à effet de serre se poursuit.  A ce niveau, l’habitabilité de la France [et de l’Île-de-France] serait remise en question par des niveaux de température et d’humidité pouvant provoquer le décès par hyperthermie. [] Si nous persistons dans cette voie, le futur de notre espèce est sombre. [] Les politiques françaises [et franciliennes] actuelles en matière climatique et de protection de la biodiversité sont très loin d’être à la hauteur des enjeux et de l’urgence auxquels nous faisons face.”

Alors que vous n’avez de cesse de répéter dans les médias que votre ambition est désormais écologique et solidaire, nous désespérons toujours de voir un véritable tournant dans votre politique pour permettre à l’Ile de France de préparer son avenir. La création de richesse et l’attractivité économique ne peuvent plus être une fin en soi. Il y a urgence à mettre en oeuvre de nouveaux modèles de production et de consommation. 

Aussi, alors qu’il nous reste 10 ans pour agir, et comme d’autres régions l’ont déjà fait, nous vous proposons de réorienter toutes les politiques régionales en fonction de l’urgence climatique qui est une urgence sociale autant qu’elle est une urgence écologique. Chaque euro dépensé par la région doit être considéré au regard de cette priorité. 

Pour contenir l’élévation de la température, il faut parvenir à un équilibre entre les émissions et absorptions anthropiques, c’est-à-dire à la neutralité carbone. 

La Région Ile de France doit, sans attendre, s’engager et suivre les recommandations de la stratégie nationale bas carbone (SNBC).

Pour une Région qui place l’axe climat, écologique et solidaire, au coeur de ses politiques, à l’occasion de la COP régionale du mois de juin, la Région Ile-de-France :

  • présente un bilan des émissions de gaz à effet de serre des équipements du conseil régional ;
  • présente un bilan de l’impact carbone des politiques régionales ;
  • élabore un budget carbone avec un objectif de neutralité à horizon 2050 ;
  • met en place des dispositifs incitatifs en faveur des collectivités franciliennes, EPCI et acteurs économiques exemplaires en matière de neutralité carbone ;
  • engage une politique massive d’aide à la rénovation thermique des logements et du parc patrimonial de la Région ;
  • s’engage à ne financer aucun projet qui artificialise des sols ou détruit des trames écologiques ;
  • accompagne les collectivités, en partenariat avec la filière agricole, à la mise en place effective de zones de non-traitement à proximité des habitations ;
  • s’oppose à la création d’un nouveau terminal à Roissy-Charles-de-Gaulle, projet climaticide et à l’opposé des engagements stratégiques écologiques pris par la France dans le cadre de l’Accord de Paris.