Voeux 2020 : Discours de Ghislaine Senée
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Paris, Le 9 janvier 2020.

Bonsoir à toutes, et à tous,

Bienvenue aux vœux du groupe Alternative Écologiste et Sociale !

Un grand merci d’être venu jusqu’ici dans ce contexte de grève des transports lié au mouvement social contre le projet de réforme des retraites.

L’ampleur de la mobilisation de cet après-midi démontre, s’il le fallait encore, que les étudiants, les professions libérales, salariés ou  fonctionnaires n’ont pas l’intention de lâcher, parce que cette réforme impacte tout le monde ! Remercions ces femmes et ces hommes qui se mobilisent depuis deux mois désormais, pour s’opposer à l’inique projet de réforme des retraites porté par ce gouvernement. Nous nous sommes mobilisés, nous avons marché à leur côtés et nous continuerons à le faire jusqu’au retrait. 

Permettez-moi également de remercier les membres du groupe pour leur présence mais aussi pour la confiance qu’ils m’ont accordé. Me voici donc ce soir parmi vous pour mes premiers voeux en tant que présidente du groupe AES. J’ai à mes côtés Anne-Claire Jarry Bouabid, notre vice-présidente, qui pilote avec moi ce travail collectif.

Je ne peux évidemment pas ne pas dire un mot pour Mounir Satouri, notre désormais ancien président mais nouveau député européen, que nous pouvons applaudir. Mounir a brillamment participé à la campagne réussie des européennes pour les écologistes et cela vient récompenser son engagement sans faille dans les combats que nous portons depuis plusieurs années, et notamment ici au conseil régional en tant que président de ce groupe

Ce groupe écologiste, Mounir, que tu as su, fédérer dès sa création, animer et ce, même dans les moments plus difficiles. Un groupe tourné vers ses partenaires pour préparer l’alternative que nous voulons construire. Je souhaite à nouveau te remercier et te dire que je suis honorée de te succéder.

Aujourd’hui le groupe Alternative Ecologiste et Sociale, est un groupe pluriel à l’image de nos luttes, composé de militants d’Europe Ecologie Les Verts, de Générations-S, de Cap 21, de la France Insoumise et de représentants de la société civile. Nous venons de parcours différents, de cultures politiques différentes mais nous portons une vision commune. 

Celle d’un monde qui assure une plus juste répartition des richesses, la protection de notre santé,  la lutte contre le dérèglement climatique, un développement économique socialement utile et sobre en énergie, respectueux de l’environnement et des individus.

Ce groupe a cette particularité de regrouper maintenant trois dirigeants de parti en son sein. Après Claire Monod chez Générations-S, et François Damerval chez Cap21, je profite donc de l’occasion pour féliciter Julien Bayou pour ses nouvelles responsabilités en tant que Secrétaire National d’EELV.

Je veux également remercier les représentantes et représentants des autres groupes politiques (Maxime et eddie Ait excusés mais représentés, Céline Malaisé) ​avec qui nous construisons pas à pas le travail d’opposition dans l’institution régionale.

2019 aura été marqué par de fortes et multiples mobilisations : avec les gilets jaunes qui disent, chaque samedi, depuis plus d’un an leur douleur face à ce système qui broie et humilie les femmes et les hommes, les jeunes et les plus anciens. Avec le mouvement social contre la destruction de notre système de retraites. L’année a également été marquée par des marches historiques concernant les solidarités et les luttes qui traversent notre société, et auxquelles nous nous sommes associés. Je pense notamment aux marches “Nous toutes” ou encore aux marches contre l’islamophobie. Et enfin avec les grandes marches pour le climat, les grèves des jeunes et les actions directes d’Extinction Rébellion qui montrent là aussi une prise de conscience et un renversement des priorités dans l’opinion.  

Je souhaite rendre hommage ici à toutes celles et ceux qui donnent parfois leur vie pour la préservation des biens communs, de leurs temps pour de longues mobilisations, sit-in, de luttes qu’on leur dit perdues d’avance, mais qui parviennent à faire bouger les choses, et faire annuler des projets inutiles. Ce soir je pense notamment au collectif contre Europacity, dont l’acharnement a payé, même si le combat n’est pas fini. J’aimerais que nous les applaudissions…

2020, sera aussi une année pleine de défis. Une année positive, je l’espère ; une année féconde sur le plan des idées et combative sur le terrain politique, et enfin une année victorieuse.

Car 2020, ouvre une nouvelle séquence impérieuse : Nous avons 10 ans pour tout changer, non pas 10 ans pour engager la transition mais 10 ans pour la réussir. 

Et Pour cela évidemment, il faudra gagner des élections.

Cela va commencer dès mars évidemment pour les municipales. J’en profite pour saluer, soutenir et encourager les candidats du groupe dont je sais la qualité et la pertinence et qui feront d’excellents maires.

Nous, à la région, nous nous sommes d’ores et déjà engagés dans un mandat de combat pour préparer les prochaines élections régionales de 2021. De combat oui, car chaque jour nous faisons face à la présidence de Valérie Pécresse qui mène une politique qui n’a de cesse de détricoter notre pacte républicain et social pour plaire aux agences de notation, une politique qui n’envisage la nature que sous un aspect d’attractivité, avec une foi inébranlable dans le progrès technologique envisagé comme solution à tous les problèmes. Un problème d’apprentissage ? On nous propose des tablettes. Un problème de sécurité ? Des caméras et des drones de surveillance.

Valérie Pécresse s’inscrit pleinement dans une déclinaison régionale de la politique du Gouvernement et d’Emmanuel Macron. Une politique de guichet qui transforme notre institution en tiroir-caisse au service des intérêts particuliers de certains de ses amis, sans vraiment se soucier de l’intérêt général.

Plusieurs exemples flagrants :

L’investissement pour développer toujours plus de routes ne cesse d’augmenter tandis que les dysfonctionnements dans les transports en commun s’accumulent. Leur argument, avec plus de routes, moins de bouchons et donc moins de pollution, est totalement incompréhensible de bétise.

Les aides aux lycées privés augmentent toujours, tandis que les lycées publics sont en difficulté.

Et alors que le quotidien des étudiants précaires s’est douloureusement rappelé à nous, l’exécutif diminue ENCORE les lignes budgétaires qui concernent les logements étudiants.

Fin 2019, l’exécutif régional a fait le choix d’un remboursement anticipé de 100 millions d’euros aux banques, en tapant sur des lignes budgétaires non consommées comme le logement social, les transports ou l’intégration environnementale des infrastructures de transports, évidemment pas des priorités pour les franciliens..

Chaque année, la région se désengage un peu plus des quartiers populaires.

Chaque année, la région accentue sa gestion austéritaire au détriment des services de la région sur lesquels la pression est toujours plus forte.

Et enfin, chaque année, la région persiste et diminue les subventions aux associations franciliennes. Pourtant nous savons, nous ici, que ces associations remplissent un rôle d’innovation et de lien social primordial pour notre collectivité. Cette baisse du budget de la vie associative est de plus de 50% depuis le début du mandat ! 

Cette année nos élus se sont particulièrement investis pour l’association Main d’Oeuvre ou le collectif du Landy Sauvage par exemple. 

Mais nous reviennent malheureusement aux oreilles des quatre coins de l’Ile de France les difficultés rencontrées par de très nombreuses structures.

Valérie Pécresse à la tête de la Région Île-de-France, c’est la destruction de tout ce qui fait de notre région, un espace propice pour les solidarités, pour la protection de l’environnement et l’épanouissement des individus.

Elle a voulu faire de la Région Île-de-France un laboratoire des politiques de la droite nationale. Mais aujourd’hui, Valérie Pécresse, qui se voyait sans doute occuper des fonctions ministérielles, se retrouve bien mal à l’aise à la tête de région Ile de France.

Bien dépourvue parce qu’en réalité elle n’a pas de vision pour ce territoire. Après avoir mené, pendant les premières années de son mandat au pas de charge toutes ses réformes délétères, le budget 2020 qu’elle nous a présenté le mois dernier, n’est qu’un budget technique, un budget qui a un seul objectif : satisfaire Bercy et les agences de notation. Et par conséquent un budget qui ne répond pas aux urgences de notre Région !

Les Franciliennes et les Franciliens doivent savoir que les personnes en place aujourd’hui dans l’executif régional ne cherchent pas à améliorer leur quotidien. Ils passent plus de temps à préparer les élections qu’à préparer l’avenir de notre Région. N’oublions jamais que la majorité de Valérie Pécresse à la région, c’est aussi La Manif pour tous et les amis de Laurent Wauquiez…

Mais pire, alors que l’échelon régional est l’un des plus pertinents pour mettre en place les politiques de résilience de nos territoires, nous ne pouvons pas accepter de voir Valérie Pécresse utiliser l’institution pour ses ambitions nationales. Nous le dénonçons, nous l’expliquons sans relâche. Sur notre site Internet, sur twitter, dans la rue… Partout où nous le pouvons.

Et nous avons besoin de vous pour relayer tout ce travail de déconstruction… Suivez au quotidien nos actions mais aussi et surtout, gardez contact avec nous pour nous faire part de vos remarques, de vos suggestions et nous alerter sur des choses qui se passent dans les territoires. Ce sera aussi un moyen de nous faire remonter vos initiatives, vos colères et de faire essaimer vos solutions.

Car même en étant dans l’opposition, nous avons un pouvoir d’action. Grâce à vous, nous pouvons devenir une grande force citoyenne et couvrir l’ensemble du territoire régional pour défendre les biens communs et l’intérêt collectif.

Dans l’institution, nous utilisons toutes les possibilités à notre disposition. Nous n’hésitons plus à judiciariser notre action. Notamment sur le déménagement des locaux de la Région, où le code des marchés publics n’a selon nous pas été respecté. Ou sur les reculs démocratiques et sa pratique abusive du fait majoritaire. On ne nous fera pas taire ! Et nous avons d’ailleurs gagné en justice le droit de défendre chacun de nos amendements même si le temps de parole alloué est écoulé. Nous dénoncerons sans relâche jusqu’à la fin de notre mandat, cette façon d’agir et de présider.

Nous avons aussi démontré le caractère illégal de la suppression par Mme Pécresse des aides aux transports pour les bénéficiaires de l’AME, l’Aide Médicale d’Etat, versée aux étrangers les plus démunis.

Nous avons également saisi les autorités et le gouvernement pour que le principe de précaution s’applique dans tous les cas de pollution et les risques pour la santé de personnes, sur l’incendie de l’été dernier sur une usine de traitement des eaux usées du SIAAP à Achères, ou sur la rupture du pipeline de Total. Pollutions dans les îles de loisirs, dangerosité des terrains synthétiques, risques de contamination des sols et de l’air dans les écoles et les lycées, pics de pollution… Pas de réponse argumentée du Préfet ni de l’exécutif régional.

Pour la santé de nos enfants, nous continuons notre action pour le développement de l’alimentation issue de l’agriculture bio dans les lycées. Nous avons proposé un plan global pour le développement de toute la filière bio, et déposé un certain nombre d’amendements en ce sens, tout a été refusé par la droite. Mais nous ne renoncerons pas car notre région doit devenir un territoire pionnier en la matière.

Dans le même temps, le soutien aux quartiers populaires, au logement social (quasiment un demi milliard non investi) et à la politique de la ville est réduit à peau de chagrin. Nous le disons haut et fort : la réduction des inégalités n’est pas dans le logiciel de la droite régionale !

La jeunesse non plus n’est pas sa priorité. Malgré le chômage de masse qui la frappe, les missions locales ont été abandonnées et les emplois tremplins supprimés. Le soutien à la vie étudiante est absent alors que  les difficultés que les étudiants rencontrent se rappellent régulièrement de façon dramatique à nous. Que ce soit ces derniers mois aux Lilas, à Pantin, ou à Aubervilliers. A ce titre la lettre des personnels du lycée d’Alembert à Aubervilliers est édifiante.

Nous continuons notre travail de conviction sur la nécessaire transformation de l’économie, pour développer une économie sociale et solidaire, pour soutenir de l’emploi utile aux personnes et aux territoires, pour créer de l’activité dans le domaine de la transition écologique, des économies d’énergie, et former les Franciliennes et les Franciliens aux métiers de demain.

Dernier exemple édifiant, les droits des femmes ne trouvent pas davantage grâce, aux yeux de Valérie Pécresse… qui ne s’en sert que pour faire de la communication, sans jamais se donner les moyens de ses annonces. Aujourd’hui le budget alloué sur la lutte contre la violence faites aux femmes n’est toujours pas revenu au niveau des montants de 2015.

Vous l’aurez compris, des combats à mener, nous n’en manquons pas au niveau régional. Et à ces luttes, viennent s’ajouter les mobilisations locales que nous soutenons, que cela soit contre l’extension des carrières CALCIA dans les Yvelines, contre le nouveau terminal à Roissy Charles de Gaulle, ou contre le CDGEXPRESS et le projet absurde de rénovation de la Gare du Nord.

Car vous l’aurez remarqué, je n’ai même pas évoqué la question des transports… Combien de temps encore la droite régionale augmentera les tarifs, (vous l’avez probablement remarqué mais vous payez depuis novembre dernier le carnet de 10 tickets plus cher), tout en laissant se dégrader la qualité de service, en supprimant les tarifs sociaux et la gratuité pendant les pics de pollution. Et ce n’est pas faute de le lui proposer d’autres solutions lors de chaque budget.

On est bien loin de la révolution des transports qu’elle avait promis. 

Nous pourrions passer des heures à lister l’ensemble des sujets sur lesquels nous devons continuer à agir. Nous le ferons, bien sûr, et j’espère que nous aurons l’occasion de nous revoir dans d’autres lieux, pour continuer notre travail de fond et alimenter nos réflexions.

Et surtout, si nous souhaitons gagner ces combats c’est pour pouvoir proposer notre alternative. 

C’est cette alternative écologiste et sociale que nous portons toutes et tous ensemble ici. Une vision commune. Celle d’un monde qui assure une juste répartition des richesses, la protection de notre santé, la lutte contre le dérèglement climatique, un développement économique socialement utile et sobre en énergie, soumis au respect de l’environnement et des individus.

La région a toutes les compétences pour rendre notre territoire davantage résilient. 

Il faut d’urgence sanctuariser les terres agricoles, il n’y a plus de bonne raison pour artificialiser. Pas d’exception. Il est indispensable de préserver chaque mètre carré de production agricole en île de France. Nous devons aussi protéger notre biodiversité, nos forêts, notre eau !

La région doit s’atteler au réequilibrage des territoires. Il est urgent d’investir massivement dans les territoires isolés que ce soit les quartiers populaires ou ruraux. Favoriser notamment le développement des initiatives associatives et donner des moyens notamment dans les lycées et pour toutes les politiques sociales d’accompagnement.

Il y a tant de dispositifs que nous avons toujours défendu que nous aimerions enfin mettre en œuvre.

Mais il faut aller plus loin. Aujourd’hui l’urgence nous oblige à revoir nous-mêmes les positions que nous avons défendu. Car qui pensait que l’emballement climatique allait être aussi rapide ? 

Qui pensait que la population allait finalement et si rapidement se mobiliser sur la question climatique ?

Faut-il continuer à densifier, à concentrer, à construire des quartiers denses tous laballisés “écoquartiers” ?

Les transports en commun sont au bord de l’implosion. Mais faut-il continuer à développer le transport en commun structurant toujours plus coûteux et mobilisant des ressources naturelles alors même que la saturation se concentrent sur qq heures seulement et que nous savons qu’ils ne pourront pas être l’unique alternative aux déplacements ?

Ce sont toutes ces questions sur lesquelles nous travaillons ensemble aujourd’hui.

Notre région doit s’inscrire dans une transformation sociale et écologique radicale. Elle doit tout mettre en oeuvre pour respecter les accords de Paris sur le Climat. Les dernières données rappellent que le réchauffement de notre planète s’accélère et que la biodiversité s’effondre. Notre région doit devenir réellement écologiste et sociale.

C’est tout ce travail militant qui sera nécessaire à faire dans les prochains mois pour préparer l’alternative à la droite régionale. C’est une responsabilité collective que nous portons, et nous réussirons !

Nous devons travailler avec l’ensemble de la galaxie écologiste et solidaire d’Ile de France pour préparer les propositions et rassembler les forces qui nous ferons gagner la région, avec nos partenaires en 2021. 

Et pour cela nous nous appuierons sur l’élan et le souffle amené par la jeunesse et le mouvement climat.

Quelles que soient les difficultés que nous rencontrerons, 

Quelles que soient les décisions des appareils politiques,

Quel que soit ce qui nous différencie,… Je veux souligner que si nous sommes toutes et tous réunis ce soir, ce n’est pas par hasard. Cela a un sens politique.

Aussi dès 2020, faisons le pas décisif, ensemble, vers un travail complémentaire, riche et ambitieux.

Nous pouvons engager une réelle politique écologique et sociale.

Nous pouvons redonner sens à la solidarité.

Nous pouvons redonner vie à la démocratie.

Ensemble, nous pouvons transformer notre région.

Nous serons, toutes et tous ensemble, l’alternative écologiste et sociale en Île-de-France.

Au nom du groupe, avec notre vice-présidente Anne-Claire Jarry Bouabid, nos deux porte-paroles Hella Kribi-Romdhane et Julien Bayou, et avec Marie-Odile Bertella Geoffroy, Fanélie Carey-Conte, François Damerval, Sandrine Grandgambe, Benoit Hamon, Samia Kasmi, Annie Lahmer, Mohamed Mechmache, Claire Monod, Bénédicte Monville, Roberto Roméro, Corinne Rufet, Rama Sall, Mounir Satouri et Pierre Serne, nous vous souhaitons une belle et heureuse année 2020, à vous et à vos proches.